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Bartolomé de Las Casas

 

Théologien dominicain espagnol, voyageur, écrivain, évêque de Chiapas au Mexique. Bartolomé de Las Casas est l’un des premiers défenseurs des droits des peuples originaires d’Amérique.

Sa jeunesse et ses origines

Bartolomé de Las Casas est né à Séville en 1474. Il est le fils d’un des compagnons navigateurs de Christophe Colomb. Bartolomé va voyager vers les nouvelles terres en 1498, avec son père, et en 1502. Il va très vite comprendre la situation qui est mise en place dans ce nouveau monde. Pour exploiter les richesses de ces îles, les premières communautés s’y sont installées après les premières expéditions de Christophe Colomb et Bartolomé va y mener sa carrière.
En 1510, Bartolomé se tourne vers la religion et se fait ordonner prêtre de Saint Domingue (île partagée entre Haïti et la République dominicaine).
Rome a besoin de personnes pour aller convertir les « sauvages » de ce nouveau monde. Le pouvoir espagnol a mis en place un système (appelé Encomienda) qui forcent ces sauvages à l’esclavage : les terres sont distribuées aux colons et des Indiens doivent entreprendre leur exploitation.
La première conversion

En 1512, Bartolomé part à Cuba pour aider à la conversion des Indiens, et devient aumônier des conquistadores.  Il s’interposa souvent entre les soldats et les indigènes et veut limiter tous les massacres.  Il ne peut pas empêcher le massacre de Caonao (à Cuba) en 1513, malgré tous les baptêmes et une évangélisation. Cette année-là, le pape attribue aux espagnols des droits sur la découverte. Les indiens doivent reconnaître l’église, et s’ils refusent, on peut leur imposer cette reconnaissance par « le fer et le feu ». Las Casas s’y oppose.

En 1514, Las Casas se rend vraiment compte de la condition des indigènes, et donc décide de partir vers la métropole. C’est sa « première conversion ». Il faut à la fois sauvegarder les intérêts de la couronne, et en même temps la vie des indigènes. Mais la population baisse beaucoup. Las Casas va chercher à s’adresser au roi Ferdinand, mais malheureusement, celui-ci meurt en 1516 et le régent ne s’intéresse pas au combat.

La seconde conversion

Chargé de réformer la législation des Indes, il proposa quelques bonnes mesures ; mais il eut le tort, et il s’en repentira, de généraliser la substitution d’esclaves Noirs aux serfs indigènes. Avec l’appui des conseillers flamands de Charles-Quint, qui le nomma son chapelain, il fit reconnaître, malgré l’opposition du conseil des Indes, que les naturels devaient être traités en humains libres.

Ce que Las Casas défend chez les Indiens, c’est l’homme, et non pas leur culture, qu’il appelle lui-même « barbare ».

Peu à peu, il pense pouvoir les convertir. Il retourne en Europe pour défendre sa cause au roi Ferdinand. Le réel problème est celui de la main d’œuvre que demande l’exploitation de ces nouvelles terres. Il va d’ailleurs envisager de faire venir des esclaves noirs d’Afrique.

Bartolomé de Las Casas veut donner des droits aux Indiens, pour leur permettre de se défendre face à leurs conquérants. Du roi, il obtient le fait de faire l’expérience de son projet dans une nouvelle colonie au Vénézuela. Cette expérience dans une nouvelle colonie fut un échec,  il retourne à Saint Domingue, où il s’enferme dans un monastère chez les frères prêcheurs.
Il écrit à cet endroit « Histoire générale des Indes », qui dès qu’elle est publiée, est un véritable succès en Europe. Il devient dominicain en 1522 et se fait appeler Fray Las Casas. C’est sa « seconde conversion ».

Il va tout de même réussir à évangéliser les Indiens de Tezulultàn, au Vénézuela, en 1533.
Il entreprend un voyage au Pérou en 1534, mais les mauvaises conditions de navigation vont l’obliger à changer de cap, et il se retrouve au Nicaragua en 1536.
Au même moment, le gouverneur prépare une attaque contre les tribus insoumises. Il propose à Las Casas de s’y joindre comme aumônier, mais celui-ci se révolte contre une telle proposition. Il menace même d’excommunier tous ceux qui accepteront de s’engager dans cette lutte. Il doit partir tellement la situation est intolérable au bout de 10 mois.

Les « Lois Nouvelles »

En 1540, il retourne en Espagne pour défendre la cause des Indiens auprès de Charles Quint.
Sa défense à la Cour est un grand succès, et les « Lois Nouvelles » (Nuevas Leyes para la gobernacion de las Indias y buen tratamiento y conservacion de los indios promulguées en 1543) se sont vite fait connaître: elles font disparaître l’esclavage. Elles se composent de quarante articles, qui sont divisés en quatre parties.

Bartolomé de Las Casas se fait nommer évêque du Chiapas (1542). Mais ces nouvelles lois ne sont pas bien accueillies par les autorités locales et les colons. Les espagnols réagissent de façon très brutale à cause des menaces que fait peser ces lois. Au Pérou et au Mexique, des révoltes éclatent.
Le 11 juillet 1544, il doit donc se réfugier au Mexique chez les Franciscains, où il apprend que les lois nouvelles sont suspendues. Il prend la route pour  Chiapas, arrive le 12 mars 1545, et demande la libération de tous les esclaves, mais en vain. Las Casas est finalement nié, il doit donc quitter son évêché de San Cristobal en 1546. Encore une fois, Las Casas retourne en Espagne pour continuer sa lutte.

La controverse de Valladolid

A l’âge de 63 ans (en 1547), il s’installe au couvent dominicain de Valladolid. En 1547, est adressé au Conseil des Indes ses « Trente propositions juridiques ».
Pour Sepulveda (chanoine), les guerres sont justes quand elles sont ordonnées par l’autorité légitime. Sepulveda se fait avocat des conquistadores dans « Démocrates Alter » (« Des justes causes pour la guerre »). L’ouvrage reçoit l’accord de l’archevêque de Séville, président de conseil des Indes, et est aussi bien reçu par la cour.

Charles Quint arrive à la fin de son règne. Il décide deux choses : il faut réduire les expéditions de conquête, ainsi que réunir une commission de 14 théologiens pour en finir avec les discussions sur l’évangélisation des Indes. C’est là que se rencontrent Sepulveda et Las Casas, en août 1550, pour la Controverse de Valladolid.  Il n’y aura aucune conclusion officielle. Cependant, l’ouvrage de Sepulveda, « Démocrates Alter » ne va jamais être publié en Espagne.

Las Casas perd néanmoins de l’influence sur la Cour. Le prince Philipe commence à se désintéresser de la cause indienne, et fait plus attention à celle des colons et à ce qu’ils rapportent comme richesse des Indes.

En 1553, Las Casas quitte Séville, et rédige « L’histoire des Indes » et « L’histoire apologétique » à Valladolid. Il examine les archives depuis Christophe Colomb, l’ouvrage commence avec la découverte en 1492 et termine en 1522, lors de sa conversion dominicaine.

Las Casas ne sort plus de son couvent à partir de 1562. En 1563, il quitte Valladolid. De la Vega, un frère prêcheur du Pérou, présente au conseil « Douze doutes », où il commente douze cas sur le comportement des conquistadores au Pérou. Grâce à cela, il obtient des mesures de protection et confie son manuscrit à plusieurs théologiens, dont Las Casas. Celui-ci s’installe au couvent Notre Dame d’Atocha, où il va rédiger sa réponse en 1564. C’est une sorte de testament où il reprend un à un les douze cas. Il parle des obligations de réparer, et permet aux descendants d’Atahualpa (mort en 1533, il est le dernier empereur de l’empire Inca) de faire des justes guerres contre les Espagnols.

Las Casas meurt en 1566, à l’âge de 92 ans. Il aura effectué douze fois le voyage vers le Nouveau Monde.

 

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