Vol à destination de Madrid, un complément idéal au TGV
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Dans l’espoir d’ouvrir de nouvelles lignes aériennes, l’ingénieur originaire de Burriana témoigne sa confiance totale envers une installation offrant un confort d’utilisation aux passagers. vol
Un total de 279 867 voyageurs sont déjà passés par son terminal et l’aérodrome a enregistré 3 506 vols depuis 2014.
Ivana Guinot (Burriana, 1974) vient d’accepter un poste à la direction de l’aéroport de Castellón, lequel a fait polémique depuis son inauguration mais, petit à petit, a amorcé son décollage, tant en termes de passagers que de vols. Elle souhaite que le nombre de passagers continue d’augmenter en phase avec le trafic aérien en provenance ou à destination de l’aéroport de Castellón, dans un contexte compliqué après la fermeture d’une ligne – celle de Bristol – et la réduction d’une autre – Bucarest. L’ingénieur burrianense est malgré tout convaincue du potentiel de l’aéroport et pense que de nouvelles routes aériennes pourront s’ouvrir, avec Madrid par exemple, bien que les deux villes soient déjà reliées par le TGV, ce qui permettrait l’ouverture de la localité vers le reste du monde.
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Quelles sont vos priorités dans l’aéroport, et comment avez-vous trouvé la base ?
J’ai découvert la base en juillet 2014. Je travaillais au sein de l’organisation destinée à l’agrandissement des aéroports de Valence et d’Alicante, et cette infrastructure m’est apparue bâtie exactement comme n’importe quel autre aéroport d’Espagne, avec les mêmes standards de qualité et dimensionnée de façon assez cohérente. D’un point de vue technique, nous faisions face à deux problèmes : d’une part la vétusté de certaines installations par manque d’entretien, et d’autre part le déclassement de nombreuses composantes de l’infrastructure au vu de leur année d’installation.
La résolution de ces problèmes nous a demandé un effort considérable au cours des deux premières années. Aujourd’hui, nous avons construit un aéroport épuré, jouissant des installations nécessaires au bon fonctionnement du réseau. Sur la base de nos sondages annuels, nous pouvons dire qu’il satisfait un bon nombre de voyageurs. Il nous reste néanmoins beaucoup d’aspects à améliorer si nous voulons offrir aux passagers un confort optimal : des restaurants et boutiques ouverts toute l’année, des distributeurs automatiques, le wifi et bien d’autres choses. Ces progrès viendront à mesure que les passagers se feront plus nombreux. Nous sommes conscients des efforts fournis par les entreprises désireuses d’ouvrir boutique à l’intérieur de l’aéroport, mais nous ne pouvons rien leur promettre en ce moment. Je donne donc pour l’instant la priorité à la réalisation d’un aéroport facile et agréable ; nous avons fait un pas en avant, mais le travail n’est pas terminé.
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D’aucuns le nomment encore « aéroport sans avions ». Trouvez-vous cela injuste, compte tenu du nombre d’aéroports abandonnés ?
Depuis son ouverture en décembre 2014, l’aéroport de Castellón a accueilli 279 867 passagers pour 3 506 avions. Cette étiquette n’est donc techniquement pas juste ! Cela n’empêche pas que l’entendre prononcer me désole, mais nous devrons prendre sur nous en attendant d’afficher des statistiques plus encourageantes. En revanche, puisque vous m’en donnez l’occasion, j’aimerais faire part d’une petite réflexion exempte de toute interprétation politique et dépourvue de toute intention publicitaire pour l’aéroport.
Si nous nous attardons sur les chiffres, la distance moyenne entre deux aéroports côtiers en Espagne est de 140 kilomètres (entre 62 et 247 kilomètres pour les extrêmes). Si nous réalisons nos calculs uniquement pour l’est du pays, depuis Gérone jusqu’à Murcie, nous obtenons 118 kilomètres.
L’aéroport de Castellón se situe à 140 kilomètres de celui de Valence, et à 157 de Reus. Notre province se classe en 12e position en termes d’exportations et toutes les provinces du top 22 – excepté Huelva, à la 18e place – sont pourvues d’un aéroport. Concernant le nombre de touristes entrants, nous occupons la 21e place, et toutes les provinces du top 30 – sauf Huelva, numéro 25 – disposent d’un aéroport. Au niveau de la population, toutes les provinces abritant plus de 450 000 habitants en ont un, à l’exception de Huelva. La seule chose que je veux démontrer à travers ces chiffres, c’est que, si nous considérons qu’il s’agit d’une infrastructure dépourvue de toute logique, il faudra élargir le champ analysé.
La fin de l’année dernière a vu se bloquer de nombreuses avancées : les liaisons avec Bristol et Sofia ont cessé de s’établir, Blue Air ne proposait plus de vols pour Bucarest après l’hiver,… Que s’est-il passé ?
Les causes variaient selon les lignes. Avec Sofia, la rupture a été occasionnée par un problème ponctuel. De nombreux autres aéroports ont été touchés mais la liaison devrait être à nouveau assurée dès avril. La suspension de la connexion avec Bristol a été décidée par la compagnie Ryanair elle-même, et ce genre d’arrêt se produit fréquemment. Les compagnies aériennes évaluent leurs vols et modifient les destinations régulièrement. Quant à Bucarest, la décision a été prise par Blue Air pour des raisons internes. La connexion reprendra cet été jusqu’en octobre, et nous continuons les négociations pour 2019 puisqu’il s’agit d’une des lignes les plus importantes de la province.
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Hormis le sentiment d’une paralysie de l’aéroport de Castellón, comment envisagez-vous de remédier au problème ?
Nous ne pourrons probablement pas poursuivre les progrès des années précédentes en termes de voyageurs. Cette année, mais nous devons renforcer les autres points déjà améliorés et continuer de faire confiance au marché. Il nous faudra un peu de temps pour y parvenir.
D’autres lignes seront-elles bientôt assurées ?
Rien n’est sûr pour l’instant. D’autres chantiers ont été ouverts, mais en attente de confirmation.
A quelles destinations donnez-vous la priorité depuis Castellón et pourquoi ?
En dehors de l’Espagne, nous visons notamment l’Allemagne, la France, le Royaume Uni et la Russie. Nos offres touristiques plaisent à ces pays, avec lesquels nous avons d’ailleurs ouvert de nouveaux marchés. Pour le reste, nous avons déjà la Bulgarie et la Roumanie, que nous trouvons aussi intéressantes commercialement. En Espagne, nous convoitons bien sûr Madrid, qui nous reliera au reste du territoire ainsi qu’au Pays Basque.
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Le président Ximo Puig parle de connecter Castellón à un hub comme Madrid, avec l’entrée en service du TGV, à quoi bon ?
Bonne question! Madrid nous permettra de nous lier à une partie considérable du monde. Il ne faut pas envisager Madrid exclusivement comme une destination finale. Ceci dit, considérer la capitale comme telle serait intéressant aussi. Je crois que le TGV comme nous l’imaginons à Castellón constituera un complément idéal aux vols assurés depuis et vers la province.
L’école de pilotage, le démantèlement (démontage) d’avions sont de nouvelles activités dans lesquelles s’est engagé l’aéroport ¿Se diversifier ou ‘mourir’?
J’ai toujours pensé que, dans ce genre d’aéroports, l’exploitation de divers marchés était non seulement nécessaire mais compatible. Elle permettrait une diversification autant au sein de l’aéroport que dans toute la province. Je me dois quand même de préciser qu’aucun avion n’a été démonté dans l’aéroport de Castellón.
Quel est le profil du voyageur ?
Si l’on en croit nos statistiques annuelles, le passager de nationalité espagnole prend une place plus importante (54 %). Ensuite vient le Britannique avec 23,82 %. Six usagers espagnols sur dix ont établi leur résidence principale à Castellón. Mais l’utilisateur reste majoritairement novice, car un voyageur sur deux entre pour la première fois dans notre aéroport. Cet aspect prend plus d’ampleur durant les périodes de vacances, soit en août et en décembre. Les motifs de voyage les plus fréquents sont le loisir/les vacances (1 sur 2). Il faut cependant souligner que la majorité a entre 41 y 60 ans (35,71 %) ou entre 26 et 40 ans (35,50 %), alors que nous n’enregistrons que 12,50 % de retraités. La plupart des passagers sont mariés (57,88 %), universitaires (66,44 %) et salariés (73,70 %).
La ville propose-t-elle un bon service de bus et de taxis ?
Oui. Autant les compagnies de taxi que celle des autobus mobilisent leurs efforts dans ce sens. Nous estimons cependant qu’une ligne de bus plus régulière permettrait de perfectionner ce service, et nous y travaillons depuis le début.
L’un des points forts du terminal réside dans le stationnement gratuit. Selon le contrat, il le restera jusqu’à ce que nous ayons atteint un nombre concret de passagers. Lorsque vous aurez atteint ce chiffre, savez-vous combien coutera le parking?
Oui. Même si son coût sera raisonnable, pour des raisons de sécurité et d’opérabilité de l’aéroport, à partir d’un certain nombre de voyageurs, il est nécessaire que le parking devienne payant. Concrètement, selon le contrat, il a été stipulé qu’il deviendra payant à partir de 200 000 passagers.
Vous pourrez bientôt recevoir des avions transocéaniques, quel objectif visez-vous avec cette autorisation ?
Accroître au maximum la flexibilité d’utilisation de notre infrastructure. Mais nous avions obtenu cette autorisation en décembre 2017 déjà. Ce dont nous disposerons à partir de mars c’est d’une souplesse accrue de l’aérodrome. Nous pourrons alors nous ouvrir à la circulation publique ou devenir un aéroport à usage restreint. Ainsi permettre une meilleure flexibilité aux formations de pilotage ou aux vols sans but commercial. Selon certaines hypothèses, nous n’aurons pas les mêmes besoins avec ce type de vols qu’un aéroport public. Le contrôle du trafic aérien, par exemple, ne sera pas nécessaire si nous souhaitons ouvrir en usage restreint.
Pourquoi Edeis, qui possède d’autres aéroports en France, ne relie pas celui de Castellón à l’un d’eux ? Il faudrait le proposer à d’autres compagnies aériennes. La possibilité existe-t-elle ?
Oui, ce serait possible, mais je crois que nous devons d’abord perfectionner d’autres aspects.
Fuente: http://www.elmundo.es/comunidad-valenciana/castellon/2018/02/12/5a81834c468aebab7a8b4636.html
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